Mon anxiété pilote ma vie !

Les anxieux le savent bien, tout est prétexte à voir tout en noir, en négatif, à se poser des questions, ne rien faire, trouver des excuses souvent par peur, procrastiner, etc… Et, la conséquence de cela est catastrophique pour leurs vies, ils passent à coté de magnifiques expériences, ils perdent le contrôle de leur vie, peuvent être incompris ou rejetés, voire subir leur vie pendant des années ! L’anxiété peut provoquer : de l’irritabilité, perte d’équilibre, transpiration, palpitations cardiaques, oppression thoracique, tension musculaire, tension artérielle, augmentation du rythme respiratoire (notamment une respiration haute, respiration pectorale, qui peut être parfois saccadée ou haletante comme une respiration de chien dans les cas extrêmes), des nausées ou des diarrhées. Et pourtant les peurs liées à l’anxiété sont une hypothèse sur le futur. La plupart de nos peurs n’ont pas de fondement dans l’instant.

Ce processus est en fait un processus de défense qui permet aux anxieux d’anticiper ou d’affronter la réalité et les risques potentiel qu’elle comporte. Cette « sur-dose » d’appréhension peut toutefois être utile ! Depuis l’antiquité, l’homme n’a cessé d’essayer de comprendre sa nature profonde et la compréhension de l’anxiété en fait parti. Le bouddhisme, aussi bien que la civilisation grecque nous ont laissé des pistes intéressantes sur ce sujet. Je vais vous en exposer trois ici :

Faire « redescendre » sa respiration : Pour éviter l’emballement des pensées négatives il est essentiel de « revenir dans son corps« , de retrouver la présence à soi. Ceci passe par le rapport au corps. Dans un premier temps, ralentir le rythme respiratoire en respirant profondément. On peu débuter se processus en faisant un ou plusieurs profonds soupirs. Cela va avoir pour effet de lâcher une partie des tensions, d’augmenter l’oxygénation et de provoquer le ralentissement du rythme respiratoire. Ensuite il est souhaitable de maintenir une respiration lente et profonde en évitant que la poitrine se gonfle. En effet, on cherche à obtenir une respiration ventrale (inspiration : l’abdomen se gonfle, expiration l’abdomen se dégonfle). C’est la respiration naturelle du nouveau né qui est allongé et c’est la respiration de bonne santé par excellence. Les personnes angoissées respirent souvent avec le haut du corps (souvent associé à des respirations courtes). De plus, cette respiration « non complète » et bloquée amplifie les tensions et le phénomène de stress.

Rendre la situation grotesque : Cette méthode consiste à amplifier le négatif au delà du raisonnable pour dédramatiser, ce qui va permettre de prendre du recul sur sa peur, son angoisse, en relativisant les faits réels par rapport à ce que l’imagination produit de plus négatif. Exemple :

Peur du bateau, on peu s’imaginer des requins volants passant à l’attaque du bateau et mangeant tout le monde sur le pont, le capitaine étant le premier à y passer, le bateau sombrera avec tout son équipage, et personne ne saura jamais ce qu’il s’est passé. D’ailleurs vous serez le seul rescapé, et aucun hélicoptère de recherche ne vous trouvera. Vous dériverez pendant des jours entiers sous le soleil, pour vous échouer sur une île inhabitée, mais qui abritera des dinosaures et finalement vous finirez mangé par les crabes parce que vous étiez trop fatigué pour traverser la berge !

Chercher le plus négatif et le plus positif : Cette méthode consiste à imaginer les pires scenarii catastrophes (réaliste), les options possibles, planifier des actions à faire avant ou pendant la situation et enfin trouver plusieurs fins heureuses envisageables. Il demande plus de temps que la méthode précédente, et demande une bonne connaissance de la situation ainsi que d’avoir un certain degrés d’action sur la situation. Exemple :

Peur du bateau, on peut s’imaginer que le bateau va tomber en panne, option possible vérifier les canots de sauvetages. On peut imaginer que le GPS ne marche plus, demander au capitaine comment faire si cela arrive ? s’assurer qu’il y a suffisamment de gilets de sauvetages… Et finalement après ces différents options énumérées, on peut imaginer sereinement que l’on va vivre un moment merveilleux, voir des paysages magnifiques, prendre des photos ou vidéos lorsque les dauphins nous accompagnerons, finir avec un magnifique couché de soleil et un repas sur le pont à la fraîche avec l’équipage, qui nous racontera des aventures aussi incroyables qu’exaltantes !

Une approche est de faire la première méthode pour dédramatiser, puis faire la deuxième méthode pour rationaliser et motiver (finir par les bons côtés !). De plus lorsque la personne anxieuse est concentrée à essayer d’échafauder des théories ou des histoires, elle se détache de ses idées négatives qui tournent en boucle, son esprit est occupé à autre chose qu’a broyer du noir sans but (dans les deux méthodes on cherche une fin). L’esprit n’aime pas les boucles ouvertes, donc on lui donne une fin dans le premier cas qui est grotesque voir risible, dans le second cas qui est magnifique.

A force de pratiquer ces exercices le niveau global d’anxiété va diminuer progressivement, toutefois il ne faut pas lâcher la pression, un choc émotionnel peut faire revenir l’anxiété.